YOUTH ID, redonner de la voix à la jeunesse.

Mis à jour : mars 4


Nous avons eu la chance de discuter avec Yanis Lammari, co-fondateur de Youth ID, l'association qui donne sa place aux jeunes ! Il a eu la gentillesse de répondre à nos questions, sur son projet, sa vision de la jeunesse et du social business.



Bonjour Yanis. Tu es co-fondateur de Youth ID, une association qui vise à intégrer les jeunes dans les prises de décision au sein des organisations. Peux-tu nous en dire davantage ?


Nous sommes partis d’un constat assez simple : la sous-représentation de la jeunesse, notamment dans les postes à décisions. On pense que c’est un point très important pour avoir plus de durabilité dans les structures. L’idée n’était pas de faire du jeunisme, de remplacer les vieux par les jeunes, mais plutôt d’avoir des équipes intergénérationnelles qui collaborent pour avoir plus de durabilité.


Depuis combien de temps faites-vous ça ?


On a commencé fin 2016 en réunissant différents partenaires pour un petit tour du monde de la jeunesse. Nous sommes partis à la rencontre de jeunes qui ont réussi pour essayer de comprendre comment ils en sont arrivés là.


Comment avez-vous réussi à convaincre des partenaires de vous suivre dans votre projet ?


L’idée était d’essayer de leur montrer qu’on a une démarche de long terme. Beaucoup de partenaires ont envie de travailler sur ces thématiques. Il y en a des privés mais surtout publics. Le secteur public possède beaucoup de dispositifs d’aide mais ils sont souvent assez laborieux.


N’est-ce pas trop dur de réunir les générations ?


Non, pas quand on le fait dans une démarche bienveillante et que chacun apporte son expertise. Les deux peuvent apporter beaucoup de choses. Il ne faut pas rester dans les stéréotypes qui sont que les jeunes vont ramener les idées innovantes et les vieux l’expérience. Aujourd’hui, on travaille avec beaucoup d’experts et on voit que l’inverse se produit souvent. Les jeunes peuvent avoir l’organisation et la structure et les vieux les idées innovantes.


A partir de quand as-tu su que tu voulais travailler dans un secteur à impact positif ? Est-ce une opportunité qui s’est présentée ou un désir réel de ta part ?


Un peu des deux. Je suis depuis longtemps sensibilisé ne serait-ce que par ma double culture (je suis né en Algérie). Les sujets de l’immigration et d’égalité des chances me paraissaient assez importants. Mais le point déterminant a été mon Service civique en première année à Toulouse Business School. Ça paraît simple mais ça a parfois des effets importants sur les jeunes car on voit qu’il y a plein d’autres choses qui se passent. Ça nous fait relativiser notre situation et nous donne envie de nous engager. Moi c’était dans le cadre de soutien scolaire au Mirail, une des cités difficiles de Toulouse. Quand j'ai réalisé le manque d’ambition de ces jeunes et qu’en plus on leur impose ce côté « tu n’y arriveras pas dans la société », j'ai tout de suite été révolté. Après cette expérience, j’ai voulu travailler autour de la jeunesse et du thème de l’égalité des chances. C’est le but de Youth ID. Accompagner les jeunes à s’engager malgré leur jeune âge.


Quelles sont les forces et faiblesses de Youth ID ?


Forces : on a eu la chance d’avoir eu une formation en école de commerce qui donne une vision multi acteurs. On a autour de nous des acteurs qui sont très divers. On travaille tout autant avec du public, du privé, des chercheurs, des ONG, différents types d’âges avec beaucoup de diversité. De plus, on a cette capacité propre à la jeunesse qui est qu’on n’a pas peur de foncer. Ça arrive même que j’essaye de m’incruster dans certains ministères sans rendez-vous. L’avantage d’être jeune est que les gens sont assez bienveillants avec nous. On a une « sympathie jeunes ».


Faiblesses : à l’origine, c’était un projet étudiant et on fait aujourd’hui face à une certaine pression sociale à l’entrée sur le marché du travail. Cela s’est traduit par le perte de membres de l’équipe qui travaillent à côté. D’autre part, le risque est de se perdre dans nos projets qui sont très divers, même si ça nous a permis de structurer nos projets futurs.


Pourquoi agir ?


ll faut agir car c’est certes important et utile pour la société, il faut le faire surtout pour soi tout simplement. Aujourd’hui, on est moins dans le côté moralisateur et presque parfois prosélyte. On accepte de plus en plus ce côté “égoïste-altruiste”. On essaye de montrer que c’est fun d’agir, que ça peut être festif et sympa. Le faire dans une démarche personnelle est essentiel.


Où agir ? Dans les pays en développement où les besoins sont les plus pressants ou en France où la précarité augmente et où les préoccupations écologiques se font de plus en plus ressentir ?


Personnellement je ne me permettrais pas de faire de hiérarchie mais je dirais plutôt qu’il faut agir là où on peut, où on est efficace et où on a envie.


Pour en revenir à SBA, quel rôle l’entreprise a-t-elle à jouer ? Serait-il possible de la transformer pour qu’elle ait des objectifs plus sociaux ?


Certaines entreprises y arrivent donc on voit que c’est possible. Seulement, on constate que c’est juste un prétexte pour certaines qui l’utilisent pour leur image de marque. C’est pour ça que je pense que c’est important que les nouvelles générations s’engagent à, limite ne pas aller dans ce type d’entreprises et essayent de créer elles-mêmes un nouveau modèle. Notamment le Social Business qui est un modèle viable.


As-tu une entreprise modèle ?


- Babyloan sur le microcrédit.

- Des programmes européens qui ont cette vision « multi stakeholders » sur des thématiques variées et qui permettent l’échange.


Que dirais-tu à quelqu'un qui voudrait se lancer dans l'entrepreneuriat social ?


Accroche-toi car ce n’est pas facile mais tu vas en dégager beaucoup d’intérêt personnel intellectuellement, en termes de rencontres, de style de vie. C’est passionnant. Il n’y a rien à perdre. Tu seras toujours capable de rebondir.




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