Trois exemples de Social Business

Mis à jour : avr. 2

Une des habitudes françaises veut que l’on intellectualise tout, tout le temps. Chaque action doit être étudiée minutieusement à l’avance afin d’en connaître les risques éventuels. Chez SBA, on pense qu’on ne peut se contenter que de la théorie. A force de trop s’intéresser au débat intellectuel des idées, on finit souvent par s’épuiser au moment de passer à l’action. Nous voulons montrer que l’entreprise de demain existe déjà, grâce à un modèle d’entreprise qui mise sur « le profit pour vivre » et non « vivre pour le profit ». Cette semaine, place donc à la réalité du terrain avec trois exemples de Social Business dans le monde !



#1 – L’utopie (réaliste) de Robert Owen





Depuis quelques années, on voit apparaître de nouvelles formes de projets locaux tournés vers les be


soins de base tels que les aliments de qualité, l’éducation, la santé ou le travail décent. Cette prise de conscience n’est pas nouvelle. L’idée du bien-être d’une société a notamment été pensée par Robert Owen, chef d’entreprise écossais du 19e siècle. A l’heure de l’apogée de l’industrialisation de l’économie et des conditions de travail difficiles, ce propriétaire d’une filature de coton met en place un mouvement coopératif pionnier dans le monde de l’entreprise. Pour lutter contre la misère de ses ouvriers et donc la perte de productivité, R.Owen met en place un ensemble de structures telles que des coopératives ou associations pour fournir aux ouvriers et à leur famille les éléments essentiels d’une vie décente : augmentation des salaires, réduction du temps de travail, écoles, épicerie pas cher et de bonne qualité.

Cet exemple montre bien que la dimension humaine d’une entreprise provient d’une volonté réelle de ceux qui la dirigent. Sans un minimum de préoccupations sociales et environnementales, il reste difficile d’avoir un impact positif. On peut ainsi faire le parallèle avec les grandes entreprises capitalistes d’aujourd’hui. Les solutions existent, il est tout à fait possible de construire un nouveau modèle d’entreprise. Il s’agit désormais de lutter contre lobbies, corruption et appât du gain perpétuel des actionnaires.




#2 – Le magasin coopératif Park Slope Food Cop à New York



Aux États-Unis, il est aujourd’hui encore difficile de se procurer des produits alimentaires de bonne qualité ET à prix raisonnables. La solution va encore trop souvent à la restauration rapide et aux plats préparés. Mais à Brooklyn, en 1973, certains ont réussi à sortir des sentiers battus. A une époque où le « manger bio et local » ne faisait pas encore partie des préoccupations majeures des villes, des citoyens Newyorkais ont décidé de créer leur propre supermarché pour consommer mieux et moins cher. Comment ? En créant un système où chaque adhérent donne chaque mois trois heures de son temps contre l’accès à l’ensemble des produits du magasin. En 46 ans, les résultats sont IN-CRO-YA-BLES. Tout le monde y trouve son compte. La Park Slope Food Cop compte aujourd’hui 20 000 consom’acteurs, 80 salariés et le tout pour un chiffre d’affaires de 51 milliards de dollars. Les fondateurs ont bel et bien réussi à faire du profit tout en ayant un impact positif sur la société !


Des magasins similaires naissent aujourd’hui partout dans le monde dont La Louve à Paris ou Supercoop à Bordeaux.


Nous vous invitons fortement à visionner le documentaire qui nous a fait connaître le concept. Ça s’appelle FoodCoop, c’est de Tom Boothe et c'est très (très) inspirant.


#3 – Gawad Kalinga



Éradiquer l’extrême pauvreté aux Philippines d’ici 2024, cela semble utopique, pourtant c’est l’objectif de Tony Meloto à travers son ONG Gawad Kalinga (2003). Cet entrepreneur visionnaire a inventé un modèle de développement économique innovant, fondé sur la co-création. Gawad Kalinga, ce sont des villages colorés, autonomes et durables qui ont pour but de participer à l’émancipation des populations les plus pauvres et ainsi participer à la prospérité du pays. Construire des logements en dur pour sortir des bidonvilles, promouvoir la solidarité et développer l’entrepreneuriat social au sein de ces villages sont les trois principes de cette ONG. "Pour voir grand, il faut nous appuyer sur les entrepreneurs sociaux. Il s’agit, non pas de chercher le profit maximum, mais le profit optimum." - Tony Meloto.

Tony Meloto, surnommé "le bâtisseur de rêve", ne s’arrête pas là. En 2010, il crée la première "Ferme enchantée", un incubateur pour entreprises sociales du secteur agricole. Former, transmettre et accompagner les jeunes du bas de la pyramide, voilà la mission de ce lieu novateur. Si certains pensent que les ONG assistent les pauvres, c’est tout le contraire pour Gawad Kalinga. Pour participer au développement de son pays, la population elle-même doit s’impliquer, agir et participer à son émancipation. Chez SBA on aime cet esprit et cette vision. La promotion du Social Business comme le fait Tony Meloto est une des clés pour faire de la pauvreté un lointain souvenir.



On espère que ces trois exemples vous en ont appris davantage sur l'entrepreneuriat social ! Si vous avez d'autres exemples, n'hésitez pas à nous les partager dans les commentaires :).


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